Urgences oncologiques : quatre situations à reconnaître

Neutropénie fébrile. Une seule température au-dessus du seuil chez une personne dont les neutrophiles sont bas est une urgence. L'antibiotique se donne dans l'heure, après les hémocultures, et n'attend pas la tournée du matin. Il peut n'y avoir aucun autre signe d'infection, la personne étant incapable d'en produire un. Compression médullaire. Une douleur dorsale nouvelle ou qui s'aggrave chez une personne avec un cancer connu, surtout si elle la réveille la nuit, précède les signes neurologiques de plusieurs jours ou semaines. Attendre la faiblesse ou le trouble vésical, c'est attendre un déficit qui ne récupérera pas complètement. Hypercalcémie maligne. Confusion, constipation, nausées, soif, polyurie et faiblesse. Les symptômes s'attribuent facilement à la maladie ou aux opioïdes. Un dosage du calcium est ce qui tranche. Syndrome de lyse tumorale. Dans les premiers jours suivant le traitement d'une tumeur chimiosensible : potassium, phosphate et acide urique montent, calcium baisse, débit urinaire chute. Le débit urinaire horaire et des électrolytes sériés constituent la surveillance. Ce que ces quatre situations ont en commun est que la personne attribue le symptôme au cancer ou au traitement, et que l'entourage fait de même. Poser directement la question de la douleur dorsale, prendre une température et regarder le calcium sont ce qui rompt cet automatisme.

Contenu clinique révisé par Ducamelle Louis, infirmière autorisée